47 %. Ce chiffre ne sort pas d’un rapport poussiéreux, il incarne la réalité brute : presque la moitié des centres de formation ont continué à fonctionner à distance pendant le confinement. Mais l’autre moitié ? Elle a mis les voiles, contrainte de suspendre son activité. Ce n’est pas faute de volonté, mais bien parce que la distance, imposée du jour au lendemain, a posé un casse-tête inédit à beaucoup d’organismes. Adapter la formation des adultes au distanciel ne se fait pas d’un claquement de doigts : il faut une méthode sur-mesure, des outils robustes, une logistique sans faille.
Organismes de formation : ce que révèle l’enquête
Le terrain montre sans détour les failles du système. Voici ce qui ressort des retours d’expérience des professionnels de la formation :
- 46 % reconnaissent avoir dû stopper totalement ou partiellement leur activité, principalement faute d’équipements adaptés : plateformes techniques insuffisantes, absence de dispositifs pour animer et suivre les apprenants à distance.
- 48 % pointent du doigt les difficultés rencontrées avec le matériel pédagogique disponible, souvent inadapté au format numérique ou tout simplement obsolète.
- 24 % évoquent un problème qui paraît basique, mais qui reste un frein redoutable : des apprenants sans ordinateur ou avec une connexion Internet trop fragile pour suivre sereinement un parcours à distance.
Certains centres ont même été contraints de baisser le rideau, du moins provisoirement. Pour 35 % d’entre eux, l’impossibilité d’accéder à des ressources éducatives compatibles avec l’enseignement en ligne a mis un coup d’arrêt à l’activité. Face à la transition numérique, tout le monde n’a pas eu les mêmes armes.
La question du financement revient en force, portée par 51 % des organismes interrogés. Adapter les pratiques, former les équipes, investir dans de nouveaux outils… tout cela a un coût. Et le budget ne suit pas toujours la cadence imposée par l’urgence.
La fracture numérique ne se limite pas aux équipements. Pour 34 % des organismes, les apprenants manquent de compétences numériques suffisantes pour suivre une formation à distance dans de bonnes conditions. Quand la maîtrise de l’outil devient une barrière, les inégalités s’aggravent.
La demande en contenus pédagogiques adaptés explose : 53 % des structures expriment le besoin d’outils spécifiques, capables de soutenir l’apprentissage aussi bien à distance qu’en présentiel. Les formateurs réclament des supports qui tiennent la route, quel que soit le format.
La plateforme LMS (Learning Management System) n’est plus un gadget, mais un levier incontournable. 47 % des répondants soulignent leur nécessité pour piloter la formation à distance et garder le lien avec les stagiaires. À côté de cela, 32 % mettent l’accent sur le besoin d’outils de visioconférence performants, pour maintenir l’interactivité et éviter que les apprenants ne décrochent derrière leur écran.
Derrière ces statistiques, ce sont des parcours bousculés, des équipes qui improvisent, des stagiaires qui cherchent leur place dans un univers numérique parfois hostile. La formation pour adultes ne manque pas de volonté, mais elle bute encore sur des murs bien réels : manque de moyens, de ressources adaptées, d’accompagnement humain. À l’heure où la formation à distance s’impose, la question n’est plus de savoir si elle va s’installer durablement, mais comment chacun pourra y trouver sa place, sans laisser personne au bord du chemin.

