Ce qu’il faut savoir sur droits, rémunération et congés en formation

30 janvier 2026

Comprendre ses droits en matière de formation est essentiel pour tout salarié. Connaître ses obligations, sa rémunération et ses congés permet de naviguer sereinement dans le monde du travail. Les entreprises ont des devoirs spécifiques envers leurs employés pour garantir un développement professionnel continu.

Les droits liés à la formation professionnelle dépassent largement la simple acquisition de nouvelles compétences. Être bien informé sur le maintien de la rémunération pendant la formation ou sur la possibilité d’obtenir des congés spécifiques pour se former, c’est se donner toutes les chances de transformer ces occasions en véritables leviers pour sa carrière. Maîtriser ces règles, c’est aussi éviter les mauvaises surprises et profiter pleinement de ce que la loi et l’employeur peuvent offrir.

Les obligations légales en matière de formation professionnelle

La loi française ne laisse pas de place au hasard sur la question de la formation professionnelle. Du côté employeur, il s’agit d’une véritable feuille de route à suivre : mettre en place un plan de développement des compétences, en concertation avec les représentants du personnel, afin de définir les parcours de formation proposés à l’ensemble des salariés.

Le financement de la formation professionnelle repose sur le paiement de la taxe d’apprentissage et de la contribution formation professionnelle. Ces contributions ne sont pas de simples formalités : elles conditionnent l’accès à des formations adaptées et de qualité.

L’entreprise ne peut pas non plus négliger la sécurité et la santé de ses salariés dans le cadre des formations, notamment celles liées à la prévention des risques professionnels. Le respect du contrat de travail et de la convention collective s’impose au moment d’organiser une session de formation, et les directives du ministère du Travail servent de boussole aux employeurs pour rester dans les clous.

En respectant ces obligations, l’entreprise investit autant dans la montée en compétences de ses équipes que dans leur bien-être au quotidien. La formation professionnelle devient alors un pilier stratégique de l’organisation, avec des bénéfices concrets pour chacun.

Les droits des salariés en formation

Les salariés bénéficient d’un arsenal de droits leur permettant d’accéder à la formation tout au long de leur parcours professionnel. Le compte personnel de formation (CPF) s’inscrit comme un dispositif phare : utilisable dès l’entrée dans la vie active, il ouvre la porte à de multiples formations qualifiantes ou certifiantes, en remplacement de l’ancien CIF.

Envie de se réorienter ? Le projet de transition professionnelle offre la possibilité de financer une formation certifiante pour préparer une nouvelle étape dans sa carrière. Ce dispositif se traduit par un congé dédié, permettant de se former sur une période longue sans risquer de perdre son emploi actuel.

La validation des acquis de l’expérience (VAE) représente une autre piste pour faire reconnaître officiellement le savoir-faire accumulé au fil des années. Obtenir un diplôme ou une certification professionnelle sans retour sur les bancs de l’école, c’est possible, à condition de justifier d’une expérience solide dans le domaine visé.

Le dispositif Pro-A, quant à lui, vise à sécuriser les parcours professionnels des salariés les moins qualifiés. Il s’appuie sur l’alternance pour combiner formation et maintien en poste, facilitant ainsi l’acquisition de nouvelles compétences tout en restant dans l’entreprise.

Ces différents droits, parfois complexes dans leur mise en œuvre, nécessitent souvent une discussion franche avec l’employeur et quelques démarches administratives. Mais ils témoignent tous d’une volonté légale d’équilibrer les besoins des entreprises et les aspirations de chacun à évoluer.

Rémunération et protection sociale pendant la formation

Se former ne rime pas forcément avec baisse de revenus. En France, la rémunération est maintenue pendant la formation professionnelle suivie sur le temps de travail, un principe qui rassure et sécurise le salarié.

Selon le dispositif mobilisé, le financement s’organise de différentes façons. Le CPF permet de suivre une formation sans perte de salaire. Dans le cadre d’un projet de transition professionnelle, c’est la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) qui verse une indemnité mensuelle forfaitaire. Les dispositifs Pro-A et autres formations en alternance garantissent également la continuité de la rémunération.

Côté protection sociale, rien ne change : les cotisations classiques, y compris pour la retraite, continuent d’être versées pendant toute la durée de la formation. L’employeur reste également tenu d’assurer la sécurité et la santé des salariés, conformément à la réglementation.

Pour y voir plus clair, voici un tableau qui résume les principales solutions de financement et les modalités de rémunération selon le dispositif choisi :

Dispositif Source de financement Rémunération
CPF Caisse des Dépôts et Consignations Salaire maintenu
Projet de transition professionnelle CPIR Indemnité mensuelle forfaitaire
Pro-A OPCO Salaire maintenu

La législation encadre strictement ces dispositions pour garantir aux salariés une rémunération stable et une protection sociale ininterrompue, même lorsqu’ils quittent temporairement leur poste pour se former.

droits travail

Les différents types de congés pour formation

Pour permettre à chacun de se former sans sacrifier ses droits ou sa rémunération, plusieurs catégories de congés existent. Le célèbre congé individuel de formation (CIF), désormais remplacé par le CPF de transition professionnelle, a longtemps permis de changer de cap ou de valider ses compétences.

Voici les principaux dispositifs qui permettent d’accéder à un congé formation adapté à chaque situation :

  • Le Projet de transition professionnelle, qui ouvre la voie à des formations certifiantes pour changer de métier ou de secteur d’activité.
  • Le Compte personnel de formation (CPF), mobilisable tout au long de la vie professionnelle pour financer des formations qualifiantes. Les salariés doivent simplement cumuler suffisamment d’heures ou de crédits sur leur compte.
  • La Validation des acquis de l’expérience (VAE), qui donne la possibilité de s’absenter pour préparer les épreuves et obtenir un diplôme ou une certification professionnelle grâce à l’expérience acquise.
  • La Reconversion ou promotion par alternance (Pro-A), destinée à favoriser la montée en compétences des salariés moins qualifiés, tout en restant en poste grâce à l’alternance.

La durée de ces congés dépendra du type de formation choisie et des règles fixées par la convention collective. Toute demande part vers l’employeur sous forme écrite, avec le détail du projet de formation. Si l’entreprise peut parfois reporter le départ pour des raisons de fonctionnement, elle ne peut refuser sans justification solide.

Le code du travail encadre ces dispositifs, tout comme le rôle des représentants du personnel qui participent à l’élaboration du plan de développement des compétences et veillent à l’application concrète des congés formation. En somme, la formation est un droit qui se défend, s’organise et s’exerce, pour que chaque salarié puisse avancer à son rythme, sans concession sur ses droits.

Se former, c’est préparer l’étape suivante : celle où l’on ne subit plus l’évolution du monde du travail, mais où l’on la choisit.

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