Jeune femme en réunion dans un bureau moderne

Stages en entreprise : Comment demander si elle prend des stagiaires ?

13 janvier 2026

Un chiffre sec : plus de 1,6 million de conventions de stage signées chaque année en France. Derrière cette avalanche de demandes, des portes grandes ouvertes… et d’autres obstinément closes. Avant de rédiger le moindre mail, il faut comprendre à quel jeu on joue, et à quelles règles chaque entreprise accepte de se plier.

Stages en entreprise : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Avant de tenter l’aventure, il faut saisir un point clé : le stage en entreprise obéit à des règles strictes. Convention tripartite, signature obligatoire, l’étudiant, l’entreprise, l’établissement forment le trio sans qui rien ne démarre. Ce papier détaille la durée, la nature des missions, le référent pédagogique et le cadre horaire. Aucune tolérance possible : la loi veille, la convention de stage doit précéder vos premiers pas en entreprise.

Impossible également de dépasser six mois dans la même structure sur une seule année de formation, le code de l’éducation verrouille ce seuil. L’objectif ? Préserver l’étudiant d’abus, cadrer l’entreprise, et faire du stage un espace d’apprentissage avant tout.

Un stage doit toujours s’inscrire dans votre programme d’études. Impossible d’y glisser un travail déguisé en mission éducative. Dès le premier jour, tout doit concorder avec le projet pédagogique : apprentissage, pas remplacement. Et si le stage dépasse deux mois consécutifs, la gratification devient obligatoire. Son montant minimal suit la règle du plafond horaire de la sécurité sociale, mais les plus engagés ajoutent parfois les transports ou les repas.

Prenez en compte ces points capitaux avant de postuler :

  • Pas plus de 6 mois de stage dans la même entreprise par année scolaire ou universitaire
  • La convention doit être signée entre vous, l’entreprise et votre établissement
  • La gratification s’applique pour tout stage au-delà de deux mois d’affilée

La convention de stage encadre aussi la durée hebdomadaire de travail, les horaires et les conditions d’accueil. Pour chaque étudiant, le code du travail et le code de l’éducation servent d’appui solide. La signature de la convention permet aussi de préserver l’affiliation à la sécurité sociale étudiante ou universitaire pendant toute la durée de la mission.

Pourquoi toutes les entreprises n’acceptent pas forcément de stagiaires ?

Le réflexe d’accueillir un stagiaire n’a rien d’automatique. Certaines structures préfèrent dire non, pour des raisons aussi nombreuses que variées. La taille joue beaucoup : dans une très petite entreprise, impossible souvent de trouver le temps et les ressources pour former et accompagner un étudiant. Un vrai stage, ce n’est jamais du bricolage, mais un passage encadré, avec référent et suivi, adapté au parcours du stagiaire.

La réglementation n’aide pas toujours. Embaucher un stagiaire, ça requiert une convention en bonne et due forme, le respect de la limite des six mois, la gratification quand cela s’impose, et un accompagnement pédagogique. Et gare à l’inspection du travail : elle peut intervenir à tout moment si les missions manquent de substance ou si le suivi fait défaut.

Parfois la situation, le secteur ou la période rendent la prise d’un stagiaire peu compatible. Emplois saisonniers, missions dépourvues d’intérêt pédagogique : ces environnements laissent peu de place à la logique de stage. D’autres entreprises invoquent le manque de temps, la surcharge des équipes ou encore l’impossibilité d’offrir un accompagnement sérieux.

Effectivement, les freins les plus fréquents se retrouvent ici :

  • Manque d’encadrement ou de disponibilité dans les petites structures
  • Contraintes administratives (convention, durée, gratification…)
  • Nécessité de proposer des missions réellement instructives et adaptées à un parcours d’études

Comment aborder une entreprise pour savoir si elle prend des stagiaires

L’approche ne doit rien au hasard. Préparez votre message, soignez l’objet (par exemple : « Demande de stage en [domaine], [période] »). Ce détail simplifie le tri côté entreprise.

Exposez en quelques phrases votre situation, vos études, les modalités prévues (dates, durée du stage, nécessité d’une convention). Précisez ce que réclame votre école ou université sur le plan pédagogique. Mieux vaut aller à l’essentiel, mais montrer que vous avez visé juste : renseignez-vous sur l’activité exacte de l’entreprise, évitez les formules vagues qui dissuadent d’emblée les recruteurs.

Se démarquer, c’est aussi toucher la bonne personne. Selon la taille de l’équipe, ça peut être le responsable des ressources humaines, un chef d’équipe, ou même le dirigeant dans les plus petites structures. L’approche personnalisée séduit davantage qu’un mail impersonnel ou copié-collé.

Voici quelques points à travailler pour maximiser vos chances d’obtenir une réponse :

  • Identifiez avec précision le bon interlocuteur
  • Mentionnez les contraintes légales (durée, dates, volume horaire…)
  • Mettez en avant toute expérience ou motivation qui colle aux activités de l’entreprise

Une fois le premier échange amorcé, il n’est pas rare d’être convié à un entretien, en visio-conférence ou sur place. Pensez à préparer des interrogations concrètes sur les missions prévues, l’accompagnement dont vous bénéficierez et les conditions d’intégration. Cette anticipation témoigne de votre sérieux et donne le ton d’un dialogue constructif, favorable à une réponse positive.

Jeune homme en entretien dans une salle de réunion

Les réponses possibles et comment réagir selon la situation

Une fois votre demande de stage envoyée, plusieurs options se dessinent. Parfois, la réponse tombe rapidement avec une proposition concrète et la mise en place immédiate de la convention. À ce stade, ne négligez rien : vérifiez bien la liste des missions, la durée prévue, la présence d’un référent, la rémunération prévue et les éventuels avantages (transport, tickets restaurant…). Un point administratif à surveiller : le respect du volume horaire, mais aussi la cohérence entre votre projet d’études et les missions décrites.

Mais il arrive aussi que la réponse soit négative, sèche ou argumentée. Les explications varient : manque de temps, absence d’équipe disponible pour l’encadrement, missions inadaptées, effectifs saturés, vigilance accrue des autorités. Parfois, aucune justification n’est donnée. Dans tous les cas, remerciez l’entreprise et continuez votre recherche ailleurs sans perdre votre énergie en regrets.

Il existe une troisième option : l’entreprise demande des détails ou des justificatifs complémentaires (dates précises, description du volume horaire, attentes pédagogiques). Dans ce cas, transmettez un dossier net, complet, et soyez prêt à clarifier votre projet. Cette étape peut parfois ouvrir la voie à un stage, si l’ajustement des contraintes satisfait tout le monde.

Pensez à ces réflexes utiles avant d’accepter un stage :

  • Demandez toujours une attestation à la fin du stage
  • Eclaircissez dès le départ la question de la gratification, même pour les stages courts
  • Renseignez-vous sur l’éventualité d’une embauche ensuite, si cela correspond à vos envies

Un stage, c’est parfois une première percée vers la vie professionnelle ou, au contraire, un détour sans lendemain. Mais chaque étape affine son parcours et façonne sa trajectoire. Chercher, frapper à de nouvelles portes, ajuster sa démarche : c’est ce rythme-là qui finit par ouvrir la voie.

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